Interroger la diplomatie publique contemporaine

Séance inaugurale : la présence internationale de la Chine

Le lundi 16 mars 2026, le projet PubDiplo a inauguré avec succès son cycle de séminaires de recherche intitulé « Interroger la diplomatie publique contemporaine » lors d’une première séance organisée au Salon Borel de la Maison de la Recherche de l’INALCO, à Paris, et accessible simultanément en ligne dans un format hybride. Réunissant des chercheuses et chercheurs venus de plusieurs pays européens, cette rencontre a marqué le début d’un programme structuré d’échanges scientifiques consacré à l’analyse critique des transformations contemporaines de la diplomatie publique.

Organisé dans le cadre du projet PubDiplo—financé conjointement par l’Agence nationale de la recherche (ANR) et le Research Grants Council de Hong Kong (RGC)—ce cycle vise à offrir un espace de réflexion théorique, empirique et méthodologique sur les reconfigurations de la diplomatie publique à l’ère numérique. Au cours des deux dernières décennies, celle-ci a connu de profondes transformations. Longtemps principalement conçue comme un instrument étatique d’influence et de gestion de l’image, elle se déploie désormais à l’intersection de la numérisation, de la plateformisation et de la médiation algorithmique, dans un environnement transnational de plus en plus concurrentiel, structuré par la circulation et la contestation des récits.

Au-delà de sa dimension stratégique, la diplomatie publique mobilise aujourd’hui des ressources culturelles et patrimoniales comme vecteurs de projection symbolique et de légitimation internationale. Elle est simultanément façonnée par des logiques participatives qui reconfigurent les relations entre acteurs étatiques et non étatiques, ainsi que la coproduction du sens auprès de publics diversifiés. Ces évolutions invitent à réinterroger ses fondements analytiques : faut-il comprendre la diplomatie publique comme un dispositif communicationnel stratégique, un régime discursif articulant culture et pouvoir, une infrastructure sociotechnique organisant la participation ou un espace de négociation normative à l’échelle mondiale ? Le cycle de séminaires a précisément pour ambition d’aborder ces questions en articulant discussions conceptuelles et études de cas empiriquement étayées.

La séance inaugurale, intitulée « La présence internationale de la Chine », a pris la Chine comme laboratoire analytique privilégié pour comprendre les recompositions contemporaines de la diplomatie publique. Les échanges ont porté sur la manière dont la Chine projette son influence à l’échelle internationale en combinant stratégies discursives, dispositifs communicationnels et infrastructures sociotechniques. Une attention particulière a été accordée aux processus par lesquels cette influence est construite, mise en récit et légitimée dans différents contextes régionaux et environnements numériques.

La séance a réuni plusieurs communications consacrées à la diplomatie publique chinoise selon des perspectives géographiques et analytiques complémentaires. Mylène Hardy a ouvert le séminaire par une analyse de la diplomatie publique et de l’influence chinoises en France, en soulignant l’articulation entre réseaux symboliques, technologiques et humains. Claudia Astarita a ensuite examiné le cas italien, en formulant des questions de recherche structurantes et en proposant un programme de recherche pour évaluer la diplomatie publique chinoise en Europe. Pablo Morales a élargi la discussion à l’Amérique latine, en étudiant l’évolution des stratégies et les nouveaux défis de l’engagement chinois dans la région. Enfin, Zhao Alexandre Huang a exploré la notion de diplomatie technologique « à la chinoise », en analysant les relations entre discours, pouvoir et légitimité dans la gouvernance technologique mondiale.

La séance s’est conclue par une discussion collective qui a permis aux participantes et participants de revenir sur les enjeux théoriques et empiriques soulevés au cours de la matinée. Cette rencontre inaugurale a donné le ton du cycle en favorisant un dialogue rigoureux et interdisciplinaire sur les transformations de la diplomatie publique dans un paysage mondial de la communication en évolution rapide.

À travers cette initiative, le projet PubDiplo réaffirme son engagement en faveur du développement d’une recherche critique sur la diplomatie publique numérique tout en renforçant la coopération scientifique internationale. Les prochaines séances du cycle 2026–2027 poursuivront l’examen de thèmes et d’études de cas majeurs afin d’approfondir la compréhension des manières dont les États négocient l’influence, la communication et la légitimité à l’ère numérique.

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