Le projet “PubDiplo”

PRÉSENTATION DU PROJET

PubDiplo est un projet de recherche collaboratif franco-hongkongais d’une durée de quatre ans, porté conjointement par le laboratoire DICEN en France et la School of Communication de Hong Kong Baptist University.

Financements : ANR-25-CE41-4061 · RGC-A-HKBU203/25

Logo du projet PubDiplo

Pourquoi comparer la France et la Chine ?

La France fut le premier pays d’Europe occidentale à reconnaître la République populaire de Chine durant la guerre froide. Les deux pays entretiennent une relation diplomatique historiquement significative, ainsi qu’une longue tradition d’influences culturelles réciproques, notamment à travers l’enseignement des langues, les expositions, le cinéma et la diffusion internationale. Ces trajectoires entremêlées constituent non seulement le socle de leurs échanges contemporains, mais font également de la comparaison franco-chinoise un cas particulièrement heuristique pour analyser la manière dont les États déploient des stratégies différenciées afin de construire leur influence à l’échelle globale.

HYPOTHÈSE CENTRALE DE RECHERCHE

Dans ce contexte, notre hypothèse fondamentale postule que l’intégration généralisée des outils numériques et des technologies émergentes a favorisé l’émergence d’une communication plus ouverte dans le champ de la diplomatie publique. Cette évolution dépasse les interactions entre élites, historiquement secrètes et exclusives, en élargissant la sphère de la diplomatie à un engagement public transnational plus large.

Des formes contrastées de diplomatie numérique

Depuis le milieu des années 2010, les deux pays ont fortement investi dans des dispositifs numériques d’action extérieure, mais selon des approches et des styles contrastés. Les ministères et institutions culturelles français ont développé des présences multilingues sur les réseaux sociaux, valorisant le patrimoine, l’éducation et le tourisme, et mettant en avant l’échange culturel et la construction réputationnelle. À l’inverse, la Chine a structuré un système de communication extérieure vaste et centralisé — englobant médias d’État, diplomates, institutions culturelles et gouvernements locaux — mobilisant des récits stratégiques et plus assertifs.

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un nouveau front de la compétition géopolitique. La Chine positionne l’IA comme un pilier de sa stratégie économique et diplomatique, en promouvant à la fois la recherche de pointe et la définition de standards techniques. La France, pour sa part, s’illustre par des avancées significatives en matière de gouvernance de l’IA, notamment à travers le développement de cadres réglementaires et de normes éthiques. La diplomatie publique constitue un espace de rencontre entre ces trajectoires : Pékin et Paris cherchent tous deux à convaincre les publics internationaux de la fiabilité et de la légitimité de leurs approches respectives de l’IA. À la compétition en matière d’innovation s’ajoute ainsi une confrontation des récits et des normes.

L’IA comme terrain de contestation géopolitique

Un dispositif de recherche comparatif

Dans ce contexte en recomposition, le projet propose une analyse comparative approfondie de la diplomatie publique numérique française et chinoise, en accordant une attention particulière à l’IA comme terrain de contestation. Il examine conjointement les dynamiques de coopération et de concurrence entre les deux pays dans la course au leadership et à l’innovation en matière d’IA. S’appuyant sur un ensemble de méthodes qualitatives et quantitatives, il vise à cartographier les principaux acteurs, leurs stratégies discursives ainsi que les formes de réception par les publics, en ligne comme hors ligne. Le projet a pour ambition non seulement de contribuer à l’avancement des connaissances scientifiques, mais également d’éclairer un public élargi non spécialiste.

Le projet défend l’idée que la diplomatie publique numérique ne se réduit plus à une logique de diffusion de messages. Elle constitue désormais un espace stratégique au sein duquel les États cherchent à définir les problèmes, à fixer les règles et à construire leur légitimité auprès des publics globaux. La France et la Chine proposent à cet égard des trajectoires contrastées vers un objectif commun : façonner les infrastructures et les standards globaux de l’intelligence artificielle, tant sur les plans technique et juridique que discursif. En mettant en lumière ces trajectoires à travers une recherche à la fois rigoureuse et accessible, le projet entend permettre au public de questionner les discours, d’évaluer les choix politiques et de prendre part aux débats qui redéfinissent les modalités de la diplomatie à l’ère numérique.

Contribution scientifique et portée publique

Trois priorités de recherche

PRIORITÉ 01

Politiques, institutions et transformation numérique

Le premier axe de PubDiplo examine la manière dont la France et la Chine définissent, institutionnalisent et transforment la diplomatie publique à l’ère numérique. Il analyse les cadres d’action publique, les discours institutionnels et les visions stratégiques dans les deux pays, en accordant une attention particulière aux effets de la numérisation sur la politique étrangère, la communication publique et les formes émergentes de diplomatie technologique, notamment en lien avec l’intelligence artificielle et la gouvernance mondiale.

Le deuxième axe étudie la manière dont les acteurs français et chinois de la diplomatie publique communiquent, interagissent et construisent des récits sur les plateformes numériques. À partir d’études de cas comparatives, il analyse le rôle des institutions étatiques, des organisations culturelles, des médias, des réseaux diasporiques et des influenceurs en ligne dans la structuration de la diplomatie publique numérique franco-chinoise, dans ses dimensions culturelles, politiques et géopolitiques.

PRIORITÉ 02

Stratégies et pratiques de communication numérique

PRIORITÉ 03

Réception des publics, impact et évaluation

Le troisième axe évalue la manière dont les initiatives de diplomatie publique numérique influencent les perceptions, les attitudes et les débats publics en France et en Chine. Il étudie la réception des campagnes diplomatiques, des récits et des initiatives culturelles ou technologiques par différents publics, en combinant l’analyse de l’opinion publique et l’étude des discours en ligne afin de mieux comprendre l’efficacité et les limites de la diplomatie publique numérique.